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Expatriation et résidence fiscale

Partir ne suffit pas à cesser d’être résident fiscal de France. La résidence se détermine par des critères objectifs, puis par la convention applicable — et se démontre, en cas de contrôle, par des pièces réunies au bon moment.

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Le raisonnement en deux étapes

  • Étape 1 — le droit interneL’article 4 B du code général des impôts considère comme domiciliées en France les personnes qui y ont leur foyer ou le lieu de leur séjour principal, celles qui y exercent une activité professionnelle non accessoire, et celles qui y ont le centre de leurs intérêts économiques. Un seul de ces critères suffit.
  • Étape 2 — la convention fiscaleLorsque les deux États considèrent la personne comme résidente, la convention départage selon une série de critères successifs : foyer d’habitation permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel, nationalité, puis accord amiable entre administrations.

Cette articulation explique la plupart des redressements : la personne raisonne sur un critère unique — le nombre de jours passés hors de France, le plus souvent — alors que l’administration examine l’ensemble des critères, notamment la localisation de la famille et la source des revenus.

Les points systématiquement examinés

Foyer et famille

Lieu de résidence du conjoint et des enfants, scolarisation, logement conservé en France et conditions de son occupation.

Activité

Lieu d’exercice effectif, contrats de travail ou mandats sociaux conservés, télétravail depuis la France, fonctions dans des sociétés françaises.

Intérêts économiques

Localisation du patrimoine, source principale des revenus, comptes bancaires, participations et immeubles détenus.

Revenus de source française

Loyers, dividendes, plus-values immobilières et certains revenus restent imposables en France, même après le départ.

Cotisations sociales

Affiliation, détachement ou expatriation, couverture maladie et retraite : la question sociale suit une logique distincte de la fiscalité.

Patrimoine et titres

Détention de participations significatives au moment du départ : le dispositif d’imposition des plus-values latentes prévu à l’article 167 bis du CGI doit être examiné.

Sécuriser le départ

  • Établir une chronologie documentée du transfert : bail ou acte d’acquisition à l’étranger, contrat de travail, inscription des enfants, factures d’énergie et de télécommunications.
  • Traiter le logement français conservé : mise en location effective, ou justification de son usage occasionnel.
  • Régler la question des mandats sociaux conservés dans des sociétés françaises, qui constituent un point d’exposition majeur.
  • Obtenir l’attestation de résidence fiscale délivrée par l’État d’accueil et respecter les procédures conventionnelles.
  • Accomplir les obligations déclaratives de l’année du départ et des années suivantes.
  • Anticiper un retour éventuel : la résidence se rétablit souvent plus vite qu’elle ne s’était perdue.

Destinations et cas particuliers

Chaque destination suppose une analyse propre : la convention applicable, l’existence ou l’absence d’impôt local, le traitement des revenus de société et la couverture sociale varient considérablement. Le cabinet traite notamment les départs vers les Émirats arabes unis, le Canada, les États-Unis, le Portugal, le Maroc et l’Union européenne, ainsi que les situations de travailleurs frontaliers avec le Luxembourg, la Suisse et l’Andorre — pour lesquelles aucune règle ne peut être transposée d’un pays à l’autre.

S’agissant de Dubaï, le cabinet dispose d’un réseau permettant, lorsque cela est nécessaire, de coordonner l’accompagnement avec des professionnels locaux, sans se substituer à eux sur les aspects de droit local.

Questions fréquentes

La règle des 183 jours suffit-elle ?
Non. La durée de séjour n’est qu’un indice parmi d’autres. Une personne passant plus de six mois hors de France peut demeurer résidente fiscale française si sa famille y réside ou si le centre de ses intérêts économiques y demeure.
Faut-il fermer ses comptes bancaires français ?
Ce n’est pas une obligation, et ce n’est pas déterminant. Ce qui compte est la cohérence globale de la situation : la conservation d’un compte pour des raisons pratiques ne caractérise pas à elle seule une résidence en France.
Peut-on rester dirigeant d’une société française après son départ ?
Oui, mais le mandat doit être exercé dans des conditions compatibles avec la résidence à l’étranger. C’est l’un des points les plus fréquemment contrôlés, notamment lorsque le dirigeant conserve un rôle opérationnel effectif en France.
Quels risques en cas de requalification ?
Une imposition en France de l’ensemble des revenus mondiaux sur la période concernée, assortie d’intérêts de retard et, selon les circonstances, de majorations. D’où l’intérêt d’une documentation constituée dès le départ.

Sujets liés

Analyse à jour des textes applicables au 13 août 2026.

Préparer un départ ou un retour

Un échange permet d’identifier les points de fragilité et les justificatifs à réunir avant le transfert.