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Cession et acquisition d’entreprise

Une opération de cession ou d’acquisition se gagne rarement au closing. Elle se gagne dans la préparation, dans la qualité des audits et dans la rédaction des garanties. Le rôle du conseil est d’organiser cette séquence et d’éviter que le prix ne se renégocie contre vous.

Premier échange gratuit · 15 minutes

Le parcours d’une opération

  • 1. Approche et prise de contactIdentification de la contrepartie, premiers échanges, cadrage des intentions. Rien n’est encore engagé, mais tout ce qui est écrit sera relu.
  • 2. Accord de confidentialité (NDA)Définition des informations protégées, durée, périmètre des personnes autorisées, sort des documents en cas d’échec. Clause de non-sollicitation du personnel lorsque le contexte le justifie.
  • 3. Négociations préalablesExclusivité, calendrier, conditions de l’accès aux informations. La phase précontractuelle est encadrée : la rupture est libre, mais la mauvaise foi engage la responsabilité de son auteur.
  • 4. ValorisationMéthodes retenues, retraitements, dette nette, besoin en fonds de roulement normatif, éléments hors exploitation. La valorisation détermine le prix ; les mécanismes d’ajustement déterminent ce qui sera réellement encaissé.
  • 5. Lettre d’intention (LOI)Prix ou fourchette, structure de l’opération, conditions, exclusivité, calendrier. Certaines clauses engagent déjà : elles doivent être identifiées avant signature.
  • 6. AuditsJuridique, fiscal, social, comptable et financier, réglementaire, environnemental. Chaque constat alimente soit le prix, soit une condition, soit une garantie spécifique.
  • 7. Négociation du SPAContrat de cession : prix et ajustements, déclarations et garanties, plafonds et franchises, durée, engagements de non-concurrence, gestion de la période intercalaire.
  • 8. SigningSignature du contrat. À ce stade, les parties sont engagées, mais le transfert n’est pas encore intervenu si des conditions restent à lever.
  • 9. Conditions suspensivesAutorisations administratives, agréments, accord des cocontractants, financement, levée des sûretés, information et consultation lorsque requise.
  • 10. ClosingRéalisation : transfert des titres, paiement, remise des registres, démissions et nominations, mise en place des sûretés du financement.
  • 11. Suivi post-acquisitionAjustement de prix, séquestre, réclamations au titre de la garantie d’actif et de passif, earn-out, intégration juridique et fiscale.
  1. ÉtapeNDA
  2. ÉtapeLOI
  3. ÉtapeAudits
  4. ÉtapeSPA
  5. ÉtapeSigning
  6. ÉtapeClosing
  7. ÉtapeGaranties

Les notions qu’il faut maîtriser avant de négocier

Garantie d’actif et de passif (GAP)
Mécanisme contractuel permettant notamment à l’acquéreur d’obtenir, sous certaines conditions, une indemnisation lorsqu’un passif antérieur à la cession se révèle après l’opération, ou lorsqu’un actif s’avère absent ou surévalué.
Earn-out
Complément de prix dont le versement dépend de performances futures définies au contrat. Sa rédaction doit préciser les indicateurs, leur mode de calcul, l’accès à l’information et la gouvernance pendant la période de référence.
Signing / closing
Le signing est la signature du contrat ; le closing est sa réalisation effective. Entre les deux, la période intercalaire est encadrée par des engagements de gestion.
Conditions suspensives
Événements dont la survenance conditionne la réalisation de l’opération. Elles doivent être objectives, assorties d’un délai et d’un sort clair en cas de non-réalisation.

Cession de titres ou cession de fonds ?

CritèreCession de titresCession de fonds de commerce
ObjetActions ou parts sociales : la société est transférée avec son passéÉléments d’exploitation : clientèle, enseigne, matériel, droit au bail
PassifReste dans la société, d’où l’importance de la garantie d’actif et de passifN’est en principe pas transféré, sauf exceptions légales
ContratsPoursuivis, sous réserve des clauses de changement de contrôleTransfert au cas par cas ; contrats de travail et baux transférés de plein droit
Fiscalité du cédantPlus-value de cession de titresPlus-value professionnelle, droits d’enregistrement sur le fonds
FinancementSouvent porté par une holding d’acquisitionSouvent porté directement par l’acquéreur

Les audits : ce qu’ils doivent réellement couvrir

Juridique

Titres et capital, historique des opérations, pactes, contrats significatifs, clauses de changement de contrôle, litiges, propriété intellectuelle, données personnelles.

Fiscal

Régimes appliqués, prix de transfert, TVA, contrôles en cours, positions incertaines, reports déficitaires, engagements pris.

Social

Contrats et statuts collectifs, temps de travail, rémunérations variables, mandataires, représentation du personnel, risques de requalification.

Comptable et financier

Qualité du résultat, dette nette, besoin en fonds de roulement, engagements hors bilan, retraitements de normalisation.

Réglementaire

Agréments et autorisations, conformité sectorielle, conditions d’exercice, cessibilité des habilitations.

Environnemental et ICPE

Classement des installations, prescriptions, garanties financières, obligations de remise en état, historique du site.

Ce qui se négocie vraiment dans le contrat

  • Le prix et ses ajustements : prix fixe, mécanisme de locked box ou ajustement post-closing sur la dette nette et le besoin en fonds de roulement ;
  • Les déclarations et garanties : leur périmètre, leur date d’appréciation, l’étendue de la connaissance opposable à l’acquéreur ;
  • Les limites d’indemnisation : franchise, seuil de déclenchement, plafond, durée par nature de garantie, garanties fiscales et sociales souvent alignées sur les délais de prescription ;
  • Les sûretés de l’indemnisation : séquestre, garantie bancaire, retenue sur prix, assurance de garantie ;
  • La non-concurrence et la non-sollicitation : périmètre, durée, contrepartie lorsqu’elle est requise ;
  • L’accompagnement du cédant : durée, missions, rémunération, articulation avec l’earn-out.

Acquéreur industriel ou fonds d’investissement

La nature de l’acquéreur modifie l’ensemble de la négociation. Un acquéreur industriel s’intéresse aux synergies, accepte souvent une intégration rapide et négocie durement les garanties opérationnelles. Un fonds de private equity construit un montage à effet de levier, exige une documentation financière solide, un management engagé au capital et un pacte d’associés détaillé : gouvernance, droits d’information, clauses de liquidité, de sortie conjointe et de sortie forcée.

Dans les deux cas, l’attention doit se porter sur les engagements pris par le dirigeant cédant : garanties, non-concurrence, réinvestissement, présence pendant la période de transition. Ce sont eux qui déterminent sa situation réelle après l’opération. Voir la page financement et la page holding pour la structuration de l’acquisition.

Fiscalité de l’opération

Côté cédant personne physique, la plus-value de cession de titres est en principe soumise au prélèvement forfaitaire unique, dont le taux global s’élève depuis 2026 à 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux), sauf option pour le barème progressif. Des régimes particuliers demeurent, notamment l’abattement fixe applicable dans certaines conditions aux dirigeants partant à la retraite.

Lorsque la cession est précédée d’un apport des titres à une holding, le report d’imposition de l’article 150-0 B ter du CGI s’applique, désormais assorti d’un quota de réinvestissement de 70 % et d’un délai de remploi de trois ans pour les cessions réalisées à compter du 21 février 2026. Cette contrainte doit être intégrée avant la signature de la lettre d’intention.

Questions fréquentes

La lettre d’intention m’engage-t-elle ?
Partiellement, et c’est tout l’enjeu. Le prix indiqué n’est généralement pas ferme, mais l’exclusivité, la confidentialité, la répartition des frais et parfois la loi applicable et la juridiction compétente sont, elles, immédiatement contraignantes.
Quelle durée pour la garantie d’actif et de passif ?
Le plus souvent douze à vingt-quatre mois pour les garanties générales, et un délai aligné sur la prescription pour les garanties fiscales et sociales. La durée s’apprécie avec le plafond et la franchise : ces trois paramètres forment un ensemble.
Peut-on vendre sans garantie ?
C’est possible, notamment dans les processus concurrentiels ou lorsque l’acquéreur souscrit une assurance dédiée. Le prix intègre alors ce transfert de risque. L’absence de garantie n’est jamais neutre économiquement.
Combien de temps dure une opération ?
De trois à neuf mois dans la majorité des cas, selon la qualité de la préparation, l’existence d’autorisations à obtenir et le nombre d’intervenants. Une préparation sérieuse en amont raccourcit systématiquement la phase de négociation.
Faut-il informer les salariés ?
Dans certaines cessions, une obligation d’information des salariés s’applique et son omission peut être sanctionnée. Le point doit être vérifié dès le cadrage de l’opération, car il conditionne le calendrier.

Sujets liés

Analyse à jour des textes applicables au 13 août 2026.

Préparer votre opération

Que vous soyez cédant ou acquéreur, un premier échange permet de cadrer le calendrier, les risques et le niveau de garantie acceptable.