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Cession et acquisition d’entreprise
Une opération de cession ou d’acquisition se gagne rarement au closing. Elle se gagne dans la préparation, dans la qualité des audits et dans la rédaction des garanties. Le rôle du conseil est d’organiser cette séquence et d’éviter que le prix ne se renégocie contre vous.
Le parcours d’une opération
- 1. Approche et prise de contactIdentification de la contrepartie, premiers échanges, cadrage des intentions. Rien n’est encore engagé, mais tout ce qui est écrit sera relu.
- 2. Accord de confidentialité (NDA)Définition des informations protégées, durée, périmètre des personnes autorisées, sort des documents en cas d’échec. Clause de non-sollicitation du personnel lorsque le contexte le justifie.
- 3. Négociations préalablesExclusivité, calendrier, conditions de l’accès aux informations. La phase précontractuelle est encadrée : la rupture est libre, mais la mauvaise foi engage la responsabilité de son auteur.
- 4. ValorisationMéthodes retenues, retraitements, dette nette, besoin en fonds de roulement normatif, éléments hors exploitation. La valorisation détermine le prix ; les mécanismes d’ajustement déterminent ce qui sera réellement encaissé.
- 5. Lettre d’intention (LOI)Prix ou fourchette, structure de l’opération, conditions, exclusivité, calendrier. Certaines clauses engagent déjà : elles doivent être identifiées avant signature.
- 6. AuditsJuridique, fiscal, social, comptable et financier, réglementaire, environnemental. Chaque constat alimente soit le prix, soit une condition, soit une garantie spécifique.
- 7. Négociation du SPAContrat de cession : prix et ajustements, déclarations et garanties, plafonds et franchises, durée, engagements de non-concurrence, gestion de la période intercalaire.
- 8. SigningSignature du contrat. À ce stade, les parties sont engagées, mais le transfert n’est pas encore intervenu si des conditions restent à lever.
- 9. Conditions suspensivesAutorisations administratives, agréments, accord des cocontractants, financement, levée des sûretés, information et consultation lorsque requise.
- 10. ClosingRéalisation : transfert des titres, paiement, remise des registres, démissions et nominations, mise en place des sûretés du financement.
- 11. Suivi post-acquisitionAjustement de prix, séquestre, réclamations au titre de la garantie d’actif et de passif, earn-out, intégration juridique et fiscale.
- ÉtapeNDA
- ÉtapeLOI
- ÉtapeAudits
- ÉtapeSPA
- ÉtapeSigning
- ÉtapeClosing
- ÉtapeGaranties
Les notions qu’il faut maîtriser avant de négocier
- Garantie d’actif et de passif (GAP)
- Mécanisme contractuel permettant notamment à l’acquéreur d’obtenir, sous certaines conditions, une indemnisation lorsqu’un passif antérieur à la cession se révèle après l’opération, ou lorsqu’un actif s’avère absent ou surévalué.
- Earn-out
- Complément de prix dont le versement dépend de performances futures définies au contrat. Sa rédaction doit préciser les indicateurs, leur mode de calcul, l’accès à l’information et la gouvernance pendant la période de référence.
- Signing / closing
- Le signing est la signature du contrat ; le closing est sa réalisation effective. Entre les deux, la période intercalaire est encadrée par des engagements de gestion.
- Conditions suspensives
- Événements dont la survenance conditionne la réalisation de l’opération. Elles doivent être objectives, assorties d’un délai et d’un sort clair en cas de non-réalisation.
Cession de titres ou cession de fonds ?
| Critère | Cession de titres | Cession de fonds de commerce |
|---|---|---|
| Objet | Actions ou parts sociales : la société est transférée avec son passé | Éléments d’exploitation : clientèle, enseigne, matériel, droit au bail |
| Passif | Reste dans la société, d’où l’importance de la garantie d’actif et de passif | N’est en principe pas transféré, sauf exceptions légales |
| Contrats | Poursuivis, sous réserve des clauses de changement de contrôle | Transfert au cas par cas ; contrats de travail et baux transférés de plein droit |
| Fiscalité du cédant | Plus-value de cession de titres | Plus-value professionnelle, droits d’enregistrement sur le fonds |
| Financement | Souvent porté par une holding d’acquisition | Souvent porté directement par l’acquéreur |
Les audits : ce qu’ils doivent réellement couvrir
Juridique
Titres et capital, historique des opérations, pactes, contrats significatifs, clauses de changement de contrôle, litiges, propriété intellectuelle, données personnelles.
Fiscal
Régimes appliqués, prix de transfert, TVA, contrôles en cours, positions incertaines, reports déficitaires, engagements pris.
Social
Contrats et statuts collectifs, temps de travail, rémunérations variables, mandataires, représentation du personnel, risques de requalification.
Comptable et financier
Qualité du résultat, dette nette, besoin en fonds de roulement, engagements hors bilan, retraitements de normalisation.
Réglementaire
Agréments et autorisations, conformité sectorielle, conditions d’exercice, cessibilité des habilitations.
Environnemental et ICPE
Classement des installations, prescriptions, garanties financières, obligations de remise en état, historique du site.
Ce qui se négocie vraiment dans le contrat
- Le prix et ses ajustements : prix fixe, mécanisme de locked box ou ajustement post-closing sur la dette nette et le besoin en fonds de roulement ;
- Les déclarations et garanties : leur périmètre, leur date d’appréciation, l’étendue de la connaissance opposable à l’acquéreur ;
- Les limites d’indemnisation : franchise, seuil de déclenchement, plafond, durée par nature de garantie, garanties fiscales et sociales souvent alignées sur les délais de prescription ;
- Les sûretés de l’indemnisation : séquestre, garantie bancaire, retenue sur prix, assurance de garantie ;
- La non-concurrence et la non-sollicitation : périmètre, durée, contrepartie lorsqu’elle est requise ;
- L’accompagnement du cédant : durée, missions, rémunération, articulation avec l’earn-out.
Acquéreur industriel ou fonds d’investissement
La nature de l’acquéreur modifie l’ensemble de la négociation. Un acquéreur industriel s’intéresse aux synergies, accepte souvent une intégration rapide et négocie durement les garanties opérationnelles. Un fonds de private equity construit un montage à effet de levier, exige une documentation financière solide, un management engagé au capital et un pacte d’associés détaillé : gouvernance, droits d’information, clauses de liquidité, de sortie conjointe et de sortie forcée.
Dans les deux cas, l’attention doit se porter sur les engagements pris par le dirigeant cédant : garanties, non-concurrence, réinvestissement, présence pendant la période de transition. Ce sont eux qui déterminent sa situation réelle après l’opération. Voir la page financement et la page holding pour la structuration de l’acquisition.
Fiscalité de l’opération
Côté cédant personne physique, la plus-value de cession de titres est en principe soumise au prélèvement forfaitaire unique, dont le taux global s’élève depuis 2026 à 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux), sauf option pour le barème progressif. Des régimes particuliers demeurent, notamment l’abattement fixe applicable dans certaines conditions aux dirigeants partant à la retraite.
Lorsque la cession est précédée d’un apport des titres à une holding, le report d’imposition de l’article 150-0 B ter du CGI s’applique, désormais assorti d’un quota de réinvestissement de 70 % et d’un délai de remploi de trois ans pour les cessions réalisées à compter du 21 février 2026. Cette contrainte doit être intégrée avant la signature de la lettre d’intention.
Questions fréquentes
La lettre d’intention m’engage-t-elle ?
Quelle durée pour la garantie d’actif et de passif ?
Peut-on vendre sans garantie ?
Combien de temps dure une opération ?
Faut-il informer les salariés ?
Sujets liés
Analyse à jour des textes applicables au 13 août 2026.
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Préparer votre opération
Que vous soyez cédant ou acquéreur, un premier échange permet de cadrer le calendrier, les risques et le niveau de garantie acceptable.