Expertise · Création d’entreprise
SAS : liberté statutaire, gouvernance et entrée d’associés
La société par actions simplifiée est devenue la forme de référence des projets à plusieurs. Sa souplesse est réelle, mais elle transfère aux statuts et au pacte d’associés ce que la loi organise ailleurs : la gouvernance, les majorités et la sortie.
Ce que la liberté statutaire implique
Dans une SAS, presque tout se décide dans les statuts : composition et pouvoirs des organes de direction, règles de majorité, droits attachés à chaque catégorie d’actions, conditions d’entrée et de sortie. Cette liberté est un avantage lorsqu’elle est exercée ; elle devient un risque lorsque des statuts standards sont adoptés sans réflexion, car aucune règle supplétive protectrice ne viendra combler les silences.
Les six sujets à traiter avant de signer
- Direction : président seul, directeurs généraux, comité stratégique ; étendue des pouvoirs et décisions réservées.
- Majorités : décisions ordinaires, extraordinaires, et décisions requérant l’unanimité ou une majorité qualifiée.
- Mouvements de titres : agrément, préemption, inaliénabilité, exclusion — cette dernière ne peut être mise en œuvre que si elle est prévue.
- Catégories d’actions : actions de préférence, droits financiers ou politiques différenciés, ratchet.
- Sortie : clauses de sortie conjointe, de sortie forcée, promesses, mécanismes de liquidité.
- Intéressement : autorisation d’émettre des bons de souscription ou d’attribuer des actions gratuites.
Les statuts organisent le fonctionnement ; le pacte d’associés organise les relations. Les deux documents sont complémentaires et doivent être rédigés ensemble, faute de quoi ils se contredisent.
Régime fiscal et social
La SAS est soumise à l’impôt sur les sociétés — 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice, 25 % au-delà — avec une option temporaire pour l’impôt sur le revenu ouverte aux sociétés récentes remplissant certaines conditions. Le président et les directeurs généraux rémunérés relèvent du régime des assimilés salariés. Les dividendes ne supportent pas de cotisations sociales et sont imposés au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % depuis 2026, ou au barème sur option globale.
Questions fréquentes
Faut-il un commissaire aux comptes ?
La SAS convient-elle à une activité libérale réglementée ?
Peut-on prévoir un droit de veto pour un associé minoritaire ?
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