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Guide comparatif

Entreprise individuelle, micro-entreprise, EURL ou SASU : que choisir pour se lancer seul ?

Quatre cadres possibles pour un projet mené seul, quatre logiques différentes de responsabilité, d’imposition, de protection sociale et de développement. Le comparatif complet, critère par critère.

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La réponse en trois lignes

Ce qui décide, en pratique

Le niveau de charges réelles arbitre entre micro et réel. Le besoin de capitaliser le résultat arbitre entre impôt sur le revenu et impôt sur les sociétés. Le besoin de protection sociale et la perspective d’accueillir un associé ou un investisseur arbitrent entre entreprise individuelle et société — puis, au sein de la société, entre EURL et SASU.

Aucune de ces quatre formes n’est « la meilleure ». Chacune optimise une variable différente : la simplicité pour la micro-entreprise, la souplesse pour l’entreprise individuelle au réel, l’efficacité sur les prélèvements pour l’EURL, la crédibilité et l’ouverture du capital pour la SASU.

Le comparatif complet

CritèreEntreprise individuelle (réel)Micro-entrepriseEURLSASU
Personnalité juridiqueAucune : l’entrepreneur agit en son nomAucune : régime simplifié de l’EISociété : personne morale distincteSociété : personne morale distincte
PatrimoineDeux patrimoines de plein droitDeux patrimoines de plein droitPatrimoine social distinctPatrimoine social distinct
ResponsabilitéLimitée au patrimoine professionnel, sauf renonciation ou cautionIdentique à l’EILimitée aux apports, sauf faute de gestion ou cautionLimitée aux apports, sauf faute de gestion ou caution
Formalités de constitutionDéclaration d’activité, sans statutsDéclaration d’activité, sans statutsStatuts, dépôt du capital, publicité, immatriculationStatuts, dépôt du capital, publicité, immatriculation
ComptabilitéComptabilité commerciale complèteLivre des recettes et registre des achatsComptes annuels, approbation, dépôtComptes annuels, approbation, dépôt
Imposition du résultatIR (BIC/BNC), option IS possible (art. 1655 sexies CGI)IR sur le CA après abattement de 71 %, 50 % ou 34 %IS de droit, option IR possible sous conditionsIS de droit
Taux applicablesBarème progressif : 0 %, 11 %, 30 %, 41 %, 45 %Barème progressif sur le bénéfice forfaitaireIS 15 % jusqu’à 42 500 €, puis 25 %IS 15 % jusqu’à 42 500 €, puis 25 %
Plafonds d’activitéAucun188 700 € (vente) et 77 700 € (services et BNC)AucunAucun
Régime social du dirigeantTravailleur indépendantTravailleur indépendant, micro-socialGérant associé unique : travailleur indépendantPrésident : assimilé salarié
Cotisations sur la rémunérationAssises sur le bénéfice12,3 %, 21,2 %, 25,6 % ou 23,2 % du CA selon l’activitéEnviron 40 à 45 % du revenu netEnviron 75 à 82 % du net, charges patronales comprises
Rémunération déductibleNon : le bénéfice est le revenuNonOui, déductible du résultat socialOui, déductible du résultat social
DividendesNon applicableNon applicableCotisations sociales sur la fraction excédant 10 % du capital, des primes d’émission et des sommes en compte courantPas de cotisations sociales ; prélèvements sociaux et impôt (PFU de 31,4 % depuis 2026, ou barème)
Protection socialeCouverture indépendante, retraite plus faible à revenu égalCouverture proportionnée au CA déclaréCouverture indépendanteCouverture alignée sur celle des salariés, hors assurance chômage
Coût annuel de structureFaibleTrès faibleModéré (comptabilité, formalités)Modéré à supérieur (comptabilité, paie)
Entrée d’un associéImpossible sans transformationImpossible sans transformationCession de parts, agrément statutaireCession ou émission d’actions, très souple
Financement externeEmprunt personnel ou professionnelPeu compatibleEmprunt, apports en compte courantEmprunt, augmentation de capital, BSA, BSPCE, obligations convertibles
TransmissionCession de fonds ou apport à une sociétéIdemCession de parts, donation, Pacte DutreilCession d’actions, donation, Pacte Dutreil
Développement à moyen termeConvient aux activités stablesCadre de démarrageConvient aux activités patrimoniales et familialesCadre privilégié des projets à croissance et des levées de fonds

Les quatre arbitrages qui comptent réellement

1. Micro ou réel : une question de charges

La micro-entreprise substitue au calcul des charges réelles un abattement forfaitaire. Elle est avantageuse tant que les charges effectives restent inférieures à cet abattement, et pénalisante dès qu’elles le dépassent : achats, sous-traitance, loyers, matériel, salaires. Le seuil de bascule se calcule, il ne s’estime pas.

2. IR ou IS : une question de prélèvement du résultat

À l’impôt sur le revenu, l’intégralité du bénéfice est imposée, qu’elle soit consommée ou non. À l’impôt sur les sociétés, seule la rémunération versée et les dividendes distribués sont imposés au niveau du dirigeant : le résultat conservé dans la société supporte 15 % jusqu’à 42 500 €, puis 25 %. L’IS devient donc intéressant lorsqu’une partie du résultat finance l’investissement ou la constitution d’une trésorerie.

3. EURL ou SASU : rémunération contre protection sociale

Le gérant associé unique d’EURL relève des travailleurs indépendants : les cotisations sont sensiblement inférieures, mais les dividendes qu’il perçoit sont soumis à cotisations sociales au-delà de 10 % du capital, des primes d’émission et des sommes en compte courant. Le président de SASU supporte des charges plus lourdes sur sa rémunération, mais ses dividendes échappent aux cotisations sociales. Le résultat dépend donc de la répartition choisie entre salaire et dividendes : c’est exactement ce que mesure notre comparateur SASU / EURL.

4. Aujourd’hui ou dans trois ans

Un cadre optimal la première année peut devenir un frein la troisième. Le coût d’une transformation n’est pas prohibitif, mais il n’est pas nul : évaluation, formalités, parfois renégociation de contrats et de garanties bancaires. Lorsque l’entrée d’un associé ou une levée de fonds est probable à court terme, il est souvent plus économique de constituer directement une société par actions.

Trois situations concrètes

Consultant, 70 000 € de CA, peu de charges

La micro-entreprise reste compétitive la première année. Dès que le revenu dépasse durablement le besoin de train de vie, l’EURL ou la SASU permettent de capitaliser le surplus à 15 %.

Artisan, investissements matériels

Le réel s’impose, l’abattement forfaitaire ne couvrant pas les charges. Le choix se joue ensuite entre l’EI au réel et l’EURL, selon la volonté d’isoler le patrimoine et de lisser la rémunération.

Projet tech destiné à lever des fonds

SASU sans hésitation : actions de préférence, BSPCE, entrée d’investisseurs, pacte d’associés. Les autres formes obligeraient à une transformation avant le premier tour.

Questions fréquentes

Peut-on commencer en micro puis passer en société ?
Oui, et c’est un schéma fréquent. Le passage suppose soit un apport de l’activité à la société, soit une cession du fonds à celle-ci. Les deux voies ont un traitement fiscal distinct pour les plus-values professionnelles ; l’arbitrage se fait avant l’opération.
La SASU coûte-t-elle réellement plus cher ?
Sur la rémunération, oui : les charges sociales d’un assimilé salarié sont plus élevées à revenu net identique. Mais la comparaison n’a de sens qu’en intégrant la protection sociale obtenue et le traitement des dividendes, exempts de cotisations sociales.
Le capital de 1 € est-il une bonne idée ?
Rarement. Un capital symbolique fragilise la crédibilité bancaire et, en EURL, réduit l’assiette des 10 % au-delà de laquelle les dividendes supportent des cotisations sociales. Voir notre analyse consacrée au montant du capital social.
Quelle forme pour une activité immobilière ?
Aucune des quatre. La détention immobilière relève plutôt de la société civile immobilière, dont la fiscalité doit être arbitrée entre impôt sur le revenu et impôt sur les sociétés : voir la page SCI.

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